بِسْمِ ٱللَّهِ ٱلرَّحْمَـٰنِ ٱلرَّحِيمِ

Chapitre 3.6

حُبُّ الرِّيَاسَة

L'amour du pouvoir · Ḥubb ar-riʾāsa · la passion cachée — ash-shahwa al-khafiyya

De toutes les maladies du cœur, c'est la plus cachée — celle que ses victimes ne soupçonnent pas. Le marchand sait qu'il aime l'argent ; l'homme qui regarde sait qu'il convoite. Mais celui qui veut « être la tête » des autres se persuade presque toujours qu'il ne cherche que la vérité, le bien commun, le service du dīn. C'est pourquoi les Salaf l'appelaient ash-shahwa al-khafiyya — la passion cachée.

« مَا ذِئْبَانِ جَائِعَانِ أُرْسِلَا فِي غَنَمٍ بِأَفْسَدَ لَهَا مِنْ حِرْصِ الْمَرْءِ عَلَى الْمَالِ وَالشَّرَفِ لِدِينِهِ »

« Deux loups affamés lâchés dans un troupeau ne lui sont pas plus destructeurs que ne l'est, pour la religion d'un homme, son avidité pour la richesse et pour les honneurs. »

Source : Tirmidhī 2376 (ṣaḥīḥ) — Kaʿb ibn Mālik al-Anṣārī

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La passion cachée

Shaddād ibn Aws, Compagnon, pleurait en disant : « Ce que je crains le plus pour vous, c'est la passion cachée et l'ostentation manifeste. » Lorsqu'on demanda à l'imām Abū Dāwūd as-Sijistānī ce qu'était cette « passion cachée », il répondit en deux mots : ḥubb ar-riʾāsa — l'amour du pouvoir. Cette interprétation a fait autorité chez les gens de science. La passion est dite cachée parce qu'elle est ce que l'homme ignore le plus de lui-même : « il y a des hommes en qui l'amour du pouvoir reste tapi sans qu'ils s'en rendent compte » dit Ibn Taymiyya — « il croit même y avoir renoncé pendant qu'il s'enracine dans son adoration. »

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Vocabulaire essentiel

الرِّيَاسَةar-riʾāsa
De la racine r-ʾ-s — la tête. Le fait de devenir la tête des autres, leur chef. Désigne la position dominante recherchée pour soi.
الشَّرَفash-sharaf
La prééminence, l'élévation au-dessus des gens — terme qu'emploie le hadith des deux loups, parallèle à la richesse.
العُلُوّal-ʿuluww
L'élévation sur terre. Le Coran : « la demeure de l'au-delà est pour ceux qui ne veulent ni ʿuluww ni corruption sur terre » (al-Qaṣaṣ 83).
الشَّهْوَة الخَفِيَّةash-shahwa al-khafiyya
« La passion cachée » — nom donné par les Salaf à ḥubb ar-riʾāsa, parce qu'elle se dissimule à celui qu'elle habite.
الإِمَامَة فِي الدِّينal-imāma fī al-dīn
Le fait d'être imām dans le dīn — légitime et louable lorsqu'on demande à Allah de devenir un guide pour les pieux (Furqān 74) ; corrompu lorsqu'on cherche à dominer les cœurs.
التَّوَاضُعat-tawāḍuʿ
L'humilité active — le remède : poser des actes d'effacement volontaire, citer ses sources, accepter la correction.
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Étymologie et distinction fondatrice

Premier point · La tête, le service, la convoitise
La riʾāsa, c'est devenir « la tête ». Mais une tête peut servir, ou se servir : Ibn al-Qayyim trace la frontière.
Définition r-ʾ-s

De la racine r-ʾ-s — la tête. La riʾāsa, c'est se trouver « la tête » des autres : leur guide, leur référence, leur chef. Or les hommes ont besoin de têtes : Ibn Taymiyya rappelle que « diriger les affaires des hommes est l'une des plus grandes obligations du dīn — sans cela, ni le dīn ni la dunyā ne tiennent debout. »

Le problème n'est donc pas la fonction. Le problème est l'amour de la fonction — ce que le cœur fait avec elle.

La distinction d'Ibn al-Qayyim — deux désirs qui se ressemblent

Le hadith fondateur de la prudence

Le Prophète ﷺ à ʿAbd ar-Raḥmān ibn Samura :

« لَا تَسْأَلِ الْإِمَارَةَ، فَإِنَّكَ إِنْ أُوتِيتَهَا عَنْ مَسْأَلَةٍ وُكِلْتَ إِلَيْهَا، وَإِنْ أُوتِيتَهَا عَنْ غَيْرِ مَسْأَلَةٍ أُعِنْتَ عَلَيْهَا »

« Ne demande pas le commandement — car si on te le donne après que tu l'as demandé, tu y seras livré ; et si on te le donne sans que tu l'aies demandé, tu seras assisté pour l'exercer. » — Bukhārī 7146 · Muslim 1652.

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Le piège spécifique du savant et du prêcheur

Deuxième point · La forme la plus laide de la maladie
Ibn Rajab : le pouvoir convoité par le savoir et la dévotion est plus laid que celui convoité par le sabre et l'argent.
Diagnostic science · piège

Ibn Rajab, dans son commentaire du hadith des deux loups, distingue deux formes de quête de prééminence :

  • Par le pouvoir, l'argent et l'autorité — quête déjà grave, qui prive le plus souvent du bonheur de l'au-delà.
  • Par les outils du dīn — savoir, œuvre, ascèse. Et là Ibn Rajab tranche : « Cette seconde quête est plus obscène, plus laide, plus dangereusement corruptrice que la première — car les outils de l'au-delà sont alors retournés contre l'au-delà lui-même. »

Le mot d'al-Fuḍayl ibn ʿIyāḍ

Le grand renonçant disait :

Distinction avec le riyāʾ

On confond souvent ḥubb ar-riʾāsa et riyāʾ. La distinction est nette :

  • Le riyāʾ veut paraître — être vu en train d'agir bien, attirer le regard. Il s'éteint quand personne ne regarde.
  • L'amour de la riʾāsa veut dominer — que les cœurs s'inclinent, que les bouches obéissent, que les visages se tournent vers soi. Il n'a pas besoin d'être vu : il a besoin d'être suivi.

C'est la même racine que la première chute : Iblīs ne refusa pas de se prosterner par paresse — il refusa par orgueil de prééminence. « Je suis meilleur que lui » (al-Aʿrāf 12). La riʾāsa est l'orgueil mis en mouvement vers l'autre.

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Manifestations — les signes au comportement

Troisième point · Comment la maladie se trahit
Al-Munajjid, suivant Ibn Rajab et Ibn al-Qayyim, recense les comportements qui dénoncent celui que la riʾāsa habite.
Manifestations signes
  • Disputer à Allah un attribut de Sa majesté — vouloir être obéi, redouté, vénéré comme Lui seul mérite de l'être. Ibn Taymiyya : « La pire des fautes est que l'âme demande à être adorée hors d'Allah ; et il y a, dans toute âme humaine, une parcelle de ce qui était en Iblīs et en Pharaon — selon ce qu'elle dissimule. »
  • Perdre la sincérité dans l'œuvre — celui qui poursuit la riʾāsa a fait d'elle sa fin : sa loyauté, son rejet, son don, son refus, son amour, sa haine, tout est dirigé vers elle. L'ikhlāṣ s'éteint.
  • Ne plus travailler s'il n'est pas mis en avant — si on ne le place pas en tête, il s'abstient ; il refuse même son conseil utile, et préfère parfois laisser un autre échouer pour reprendre la place.
  • Citer les défauts des gens, médire d'eux« Personne n'a aimé la riʾāsa sans aimer mentionner les défauts des gens, pour s'élever par leur abaissement. » Et celui qui aime la riʾāsa déteste qu'on parle bien d'autrui en sa présence.
  • Jalouser quiconque le surpasse en science ou en piété — par crainte que les gens aillent vers le meilleur, ou que la comparaison fasse baisser son rang.
  • L'amertume quand le pouvoir lui échappe« Pour qui en a fait son obsession, l'âme s'épuise de chagrin et de regret le jour où la fonction lui est retirée et passe à un autre. » (Ibn Rajab)
  • Le mépris des gens, la rudesse — Ibn Ḥibbān : « le souffle du pouvoir a délié sa langue et sa main vers la dureté. »
  • L'amour des éloges, la colère contre la critique — exiger qu'on le loue, sanctionner qui ne le fait pas. Le verset descendit pour cela : « Ne crois pas que ceux qui se réjouissent de ce qu'ils ont fait et aiment qu'on les loue pour ce qu'ils n'ont pas fait — ne les crois pas à l'abri du châtiment » (Āl ʿImrān 188).
  • L'amour de la célébrité — ḥubb ash-shuhra — vouloir qu'on parle de soi, qu'on cherche sa bénédiction, qu'on baise sa main. Les Salaf — Ayyūb, an-Nakhaʿī, Sufyān, Aḥmad, al-Fuḍayl — détestaient cela au plus haut point et se cachaient.
  • Mentir et parler d'Allah sans science — Ibn al-Qayyim : « Tout savant qui privilégie la dunyā finira nécessairement par dire sur Allah autre chose que la vérité dans ses fatwās et ses jugements — car les jugements d'Allah contredisent souvent les désirs des gens, et surtout des gens de pouvoir. »
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Causes et conséquences — pourquoi, à quel prix

Quatrième point · Les racines et les ravages
L'âme veut commander, refuse l'autorité d'autrui, et cherche dans le pouvoir une ivresse — d'où l'aveuglement et la division qui suivent.
Causes āthār

Racines — pourquoi l'homme y tombe

  • Se libérer de l'autorité d'autrui. Celui qui poursuit la riʾāsa ne veut personne au-dessus de lui. Il veut être seul à ordonner et à interdire — y compris dans les affaires qui ne le regardent pas.
  • L'âme aime commander, pas être commandée. Sufyān ath-Thawrī : « Je n'ai jamais vu de renoncement plus rare que le renoncement à la riʾāsa. Vois l'homme qui renonce à la nourriture, à la boisson, à l'argent, aux vêtements — mais conteste-lui le pouvoir, et il le défendra avec acharnement. » Et Yūsuf ibn Asbāṭ : « renoncer à la riʾāsa est plus difficile que renoncer à la dunyā. »
  • La faiblesse de la foi. Un cœur vide d'īmān se tourne vers les passions de la dunyā — et la plus forte est celle-ci. Le verset d'al-Qaṣaṣ trace exactement la frontière : « la demeure de l'au-delà, Nous la donnons à ceux qui ne veulent ni élévation sur terre ni corruption — la fin heureuse est pour les pieux. »
  • L'ivresse du pouvoir. Ibn al-Qayyim : « le pouvoir a une ivresse comme l'ivresse du vin, ou pire — sinon, son détenteur ne le préférerait pas à l'au-delà éternel. »

Conséquences — ce que la maladie détruit

  • La destruction du dīn lui-même — c'est le sens du hadith des deux loups : la riʾāsa dévore le dīn comme deux fauves dévorent un troupeau (Tirmidhī 2376).
  • L'innovation et le mensonge sur Allah. Le savant qui privilégie la dunyā doit nécessairement dire le faux — il appellera sunna ce qui est bidʿa, et inversement (Ibn al-Qayyim).
  • La discorde et la division de la communauté. Chaque ambitieux soupçonne l'autre d'incompétence, cherche à l'écarter — d'où l'épuisement des énergies, la multiplication des conflits, et la non-réalisation du dīn.
  • L'alliance avec les ennemis du dīn pour obtenir une fonction, un diplôme, un prix international — al-Munajjid donne pour exemple les rois des taïfas d'al-Andalus.
  • La fin d'Iblīs et de Pharaon. Ibn Taymiyya : « la dunyā revient à deux choses : pouvoir et richesse. La fin de l'homme de pouvoir est celle de Pharaon, noyé par Allah dans la mer ; la fin de l'homme de richesse est celle de Qārūn, englouti par la terre. »
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Le remède — ʿilāj ḥubb ar-riʾāsa

Cinquième point · Sept leviers concrets
L'ikhlāṣ, l'effacement actif, le rappel des fins, la consultation, le duʿāʾ contre le shirk caché : al-Munajjid détaille la médication.
Remède ikhlāṣ · tawāḍuʿ

1. Travailler la sincérité — al-ikhlāṣ

Wahb ibn Munabbih écrivit à Makḥūl : « Tu as obtenu, par le savoir extérieur, une place et une dignité auprès des gens. Cherche, par le savoir intérieur, une place et un rang auprès d'Allah. Et sache que l'une de ces deux places empêche l'autre. » Le savant qui s'attache à son rang dans les cœurs des gens en fait sa part — et coupe par là sa part auprès d'Allah.

2. Refuser la fonction quand on la demande

Hadith d'Abū Mūsā : deux hommes vinrent demander une charge au Prophète ﷺ. Il dit :

« إِنَّا وَاللهِ لَا نُوَلِّي عَلَى هَذَا الْعَمَلِ أَحَدًا سَأَلَهُ، وَلَا أَحَدًا حَرَصَ عَلَيْهِ »

« Par Allah, nous ne confions cette charge ni à celui qui la demande, ni à celui qui la convoite. » — Bukhārī 7149 · Muslim 1733. Refuser la fonction au demandeur est la première discipline collective.

3. La consultation — ash-shūrā

Ne pas trancher seul ni avant la fonction (consulter les conseillers sincères avant d'accepter), ni après (consulter pour ne pas s'autocrater). Allah a dit à Son Prophète : « et consulte-les dans l'affaire » (Āl ʿImrān 159).

4. Se rappeler les conséquences amères du pouvoir

Ibn Ḥibbān : « Les chefs sont les hommes les plus tourmentés, les plus continuellement chagrins, les plus encombrés de cœur, les plus exposés aux défauts publics, les plus entourés d'ennemis, les plus accablés de regrets, et — au Jour du Jugement — les plus longuement comptables, les plus durement châtiés s'Allah ne les pardonne pas. »

5. Se connaître soi — ne pas se croire à la hauteur

Le Prophète ﷺ à Abū Dharr : « Tu es faible, et c'est une responsabilité — et au Jour de la Résurrection une humiliation et un regret, sauf pour qui en a pris la juste mesure et acquitté ce qu'il devait. » (Muslim 1825). Connaître ses limites est un acte de piété, pas de lâcheté.

6. Pratique active de l'humilité — tawāḍuʿ

  • Le modèle du Prophète ﷺ qui se laissait emmener par n'importe qui. Le modèle de Saʿd ibn Abī Waqqāṣ — l'un des dix promis au Paradis — partant vivre avec ses chameaux loin du conflit pour le pouvoir entre les Compagnons.
  • Le modèle de l'imām Aḥmad répondant à Ḥasan ibn Manṣūr — qui lui demandait jusqu'à quand il continuerait d'écrire la science : « Jusqu'au tombeau. »
  • Le modèle de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, qui à sa nomination écarta le garde armé qui marchait devant lui : « Va, je ne suis qu'un homme parmi les musulmans. »
  • Le modèle d'al-Ḥasan ibn ʿAlī cédant le califat à Muʿāwiya pour réconcilier deux groupes — geste loué d'avance par le Prophète ﷺ : « Mon fils que voici est un sayyid, et Allah par lui réconciliera deux grands groupes de musulmans » (Bukhārī 2704).

7. Le duʿāʾ contre le shirk caché

Le Prophète ﷺ enseigna ce duʿāʾ — appelant le shirk caché plus furtif « que la marche d'une fourmi noire sur un rocher noir dans la nuit noire » :

« اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ أَنْ أُشْرِكَ بِكَ وَأَنَا أَعْلَمُ، وَأَسْتَغْفِرُكَ لِمَا لَا أَعْلَمُ »

« Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de T'associer quoi que ce soit en pleine connaissance, et je Te demande pardon pour ce que je l'aurais fait sans le savoir. » — Aḥmad, ṣaḥīḥ.

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Ce qu'il faut retenir

5 vérités à ancrer avant de quitter ce chapitre
Le condensé pratique du chapitre.
  • La passion cachée. Ḥubb ar-riʾāsa a été nommé ash-shahwa al-khafiyya par les Salaf parce que celui qu'elle habite ne s'en rend presque jamais compte — il croit servir le dīn alors qu'il se sert lui-même.
  • La fonction n'est pas le mal. Diriger les hommes est une obligation du dīn ; la riʾāsa devient maladie lorsqu'on la convoite pour soi. Ibn al-Qayyim trace la frontière : vénérer l'ordre d'Allah, ou se vénérer soi-même.
  • Le piège spécifique des savants. La riʾāsa recherchée par le savoir, l'œuvre et l'ascèse est, selon Ibn Rajab, plus laide que celle recherchée par le sabre et l'argent — car elle retourne contre l'au-delà ses propres outils.
  • Le hadith des deux loups (Tirmidhī 2376, ṣaḥīḥ) : la convoitise des honneurs détruit le dīn comme deux fauves affamés détruisent un troupeau. Aucune autre image prophétique de la maladie n'est aussi violente.
  • Le remède est triple : ikhlāṣ (chercher la place auprès d'Allah, pas auprès des hommes), tawāḍuʿ actif (refuser la fonction qu'on demande, citer ses sources, accepter la critique), duʿāʾ contre le shirk caché — car la maladie est trop subtile pour être combattue sans le secours de Celui qui voit l'invisible des cœurs.

🧠 Grille mnémotechnique

1
NOM
La passion cachée
الشَّهْوَة الخَفِيَّة
2
IMAGE
Deux loups dans le troupeau
ذِئْبَانِ جَائِعَانِ
3
FRONTIÈRE
Vénérer l'ordre d'Allah · ou soi-même
الإِمَامَة فِي الدِّين
4
REMÈDE
Ikhlāṣ + tawāḍuʿ + duʿāʾ contre le shirk caché
لَا يُرِيدُونَ عُلُوًّا